Mon petit bonhomme

Mon petit bonhomme, tu es arrivé lors d’une froide nuit de Novembre, quatre jours après que la terreur ait envahi notre pays. Il faisait si sombre dans nos cœurs. De l’autre côté de la manche, nous nous sentions si impuissants et meurtris. Comme bon nombre de personnes de par le monde j’ai posé ma petite bougie sur le rebord de notre fenêtre, petit geste dérisoire pour témoigner de ma solidarité. Puis égoïstement je me suis réfugiée dans ma bulle. La mort avait frappé et moi je m’apprêtais à donner la vie. “Quel monde allait-on pouvoir t’offrir, à toi et ta sœur, un monde incertain où la folie de certains individus peut frapper partout, n’importe qui , à n’importe quel moment? Comment vous protéger ? “ai-je pensé désespérée.

Le jour du terme était dépassé. Peut-être voulais-tu rester dans ton cocon de douceur? Peut-être sentais-tu aussi que je n’étais pas prête? Tu étais désiré bien sûr mais tu t’es installé au creux de moi plus tôt que prévu. J’avoue que même quelques heures avant ton arrivée je ne réalisais pas que je m’apprêtais au monde un deuxième enfant, si peu de temps après notre merveille. Elle m’avait laissé si peu de temps de savourer cette grossesse, elle-même un bébé si demandeur de moi.

Finalement quand tu t’es décidé, tu as voulu sortir très vite. Tu nous as tout juste laissé le temps de regarder ce match de football si particulier et nous avons du filer très vite à l’hôpital. Je suis allée directement en salle de naissance et à peine 1 heure plus tard tu as poussé ton premier cri. J’étais épuisée après cet accouchement si rapide, si violent. La sage femme t’a posé sur moi et soudain le monde n’existait plus. Cela a été le coup de foudre au premier regard. Tu étais si beau, si parfait, mon petit bonhomme. Mon premier garçon, le premier depuis 35 ans dans cette famille où les filles tiennent avec fierté le premier rôle. Je n’avais de cesse de t’admirer. Tu étais si calme et si paisible. Tu as mis une semaine avant d’ouvrir les yeux.

Et aujourd’hui tu es déjà si grand mon petit bonhomme. Le bébé dodu et câlin est devenu un vrai petit garçon tendre et rieur. Tu adores chanter, notamment ta chanson favorite «  the wheels on the bus » que tu écoutes en boucle ( je ne la supporte plus à force de l’entendre). Tu imites les moindres gestes de ta grande sœur ; vous ne cessez de vous disputer mais ne pouvez vous passer l’un de l’autre. Tu t’émerveilles de tout. Tu poses sur le monde ton regard interrogateur et aimes observer avant de te lancer et aller vers les gens. Tu as une passion pour tout ce qui roule et vole. Tu es en transe dès que tu vois un train et rien ne peut te faire plus plaisir que d’aller près de la voie ferrée les regarder passer. Plaisirs simples d’une enfance innocente. Parfois j’appréhende le moment quand regarder les trains ne t’amuseront plus.

C’est compliqué pour toi en ce moment mon petit bonhomme. Tu es devenu grand frère et tu cherches ta place. Tu te fâches, tu cries, tu mords, tu tapes . Tes émotions débordent de partout et pour l’instant tu n’arrives pas à les exprimer autrement. Nous essayons de t’expliquer, parfois ça marche, souvent cela ne marche pas. Alors nous te mettons au coin ou tu y vas par toi même. Pour toi cela semble si injuste, tes larmes coulent, mon cœur se serre en t’observant. Heureusement cela ne dure jamais longtemps. Vite j’ouvre mes bras et tu te réfugies dedans, me fais un câlin puis tu souris et la magie de ton sourire irrésistible opère.

Avant toi quand j’entendais les mamans de garçon dire «  je suis amoureuse de mon fils » je trouvais ça exagéré. Maintenant je comprends. Je l’avoue, j’ai une tendresse particulière pour toi mon fils. Tu es et resteras probablement mon seul garçon et cela te rend encore plus précieux.  Il suffit que tu poses sur moi tes grands yeux bleu azur et je fonds. Notre amour est si beau et simple à la fois.

Et demain quel homme  deviendras- tu mon petit bonhomme ? En te regardant, je le perçois déjà. Un homme bon et généreux, doux et intelligent, respectueux des femmes ( en grandissant avec deux sœurs pas le choix). Ne grandis pas trop vite tout de même, je ne suis pas prête du tout à te partager, si je le deviens un jour..

Nous voulions te protéger, mais c’est toi qui nous protège mon petit bonhomme par ta joie de vivre. Novembre est le mois du souvenir, mais grâce à toi il est aussi à jamais le mois de la vie et de l’espoir. Il y a 2 ans, notre petit bonhomme merveilleux, notre soleil dans cette nuit noire venait au monde, un futur homme de demain . Et avec lui des milliers de petits garçons tout aussi merveilleux, qui partageront bientôt les mêmes valeurs de respect et rendront ainsi le monde plus juste, plus beau, plus égalitaire.

Bon anniversaire mon fils chéri.

Ta maman qui t’aime.

dessin tim anniversaire

 

6 réflexions sur « Mon petit bonhomme »

    1. ohhh, je ne pensais pas susciter autant d’émotions. En même temps si je suis honnête, j’ai bien dû verser une petite larme en écrivant cet article 😉 en tant que maman d’un petit garçon tu ressens surement beaucoup de sentiments semblables. Ils nous font chavirer, difficile de leur résister.

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  1. Je viens de relire cet article, quelle trendresse…. Il n’y a d’égal à l’amour d’une Maman 💕 Pour son fils plus particulièrement à travers cette déclaration d’amour. Un vrai trésor pour tes enfants quand ils seront en âge de lire 😉

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