9 mois dedans /9 mois dehors

Ma petite fée,

En cette jolie journée de mai, tu viens de fêter tes 9 mois.  9 mois de vie autant de temps que tu as passé in utéro, toujours une date symbolique pour toutes les mamans. Enfin à l’instar de tes ainés, trouvant mon utérus très confortable, tu as voulu y rester un peu plus longtemps ,  41 semaines et 2 jours pour être exacte ( oui à la fin je devais trouver le temps un peu long ;-))).

En tout cas il me parait loin le temps où je t’avais rien que pour moi bien au chaud dans mon ventre. Quand je croise des femmes enceintes, je suis étonnée de me dire que l’année dernière, moi-même j’affichais mon ventre rond.    J’aimerais dire à ces futures mamans  » profitez profitez de ces merveilleux moments, ils passent si vite « .  Au fond de moi, je les envie un peu et suis un brin nostalgique. En même temps mon corps usé porte 9 mois après encore les stigmates de ton « séjour » alors comment pourrait-il supporter une nouvelle grossesse?  Et puis j’ai été si comblée si chanceuse:  ce même corps m’a permis de « fabriquer » 3 bébés en 3 ans, des petits êtres en bonne santé et pleins de vie.  Je sens  que cette expérience si particulière qu’est  la grossesse est révolue pour moi et  qu’une page se tourne définitivement.

Bien sûr je t’ai aimé dès que j’ai su ton existence, ne voulant toutefois pas trop me projeter « au cas où « . La première échographie a été éprouvante pour mes nerfs, en vue de certains symptômes j’ai cru que la gynécologue m’annoncerait  le pire. Quel soulagement d’avoir la confirmation que tu allais bien, c’est là que j’ai mesuré déjà l’immensité de l’amour que je portais.  J’ai essayé ensuite de savourer autant que possible  cette grossesse. Je posais souvent la main sur mon ventre pour te caresser et très tôt tu as donné des petits signes de ton existence. Comme j’aimais te sentir bouger en moi, d’abord des petits battements d’ailes de papillon puis des mouvements plus francs au fil des semaines. Les derniers temps de la grossesse,tu me tenais souvent éveillée la nuit alors je te parlais doucement.  Je te  racontais moi, ton père, nous deux, nous  quatre,  la famille de fous que tu allais rencontrer,  mais je te promettais que dans notre foyer tu ne manquerais pas de tendresse. Ne sachant pas si tu étais un garçon ou une fille je te nommais juste  » mon bébé d’amour ».

Évidemment j’ai en mémoire tous les détails de ta venue au monde tout en douceur, le jour de l’anniversaire de ton père.  Je me rappelle de notre surprise de découvrir que tu étais une fille ( tout le monde avait parié sur un garçon). Je t’avoue petite fée, qu’il m’a fallu quelques jours pour me faire à  cette nouvelle. Cela peut sembler bien dérisoire et ridicule pour les regards extérieurs. Moi même j’avais eu beau proclamer que cela n’avait pas d’importance, à force d’écouter l’entourage, je m’étais plus projetée avec un garçon.  Comme il a fallu que je me pardonne cet angiome sur ton front, cette tâche couleur vin qui s’estomperait avec le temps mais qui risquait de te différencier un peu des autres pendant un certain nombre d’années. Depuis j’ai appris à l’aimer ce signe distinctif.  Il me rappelle que cela ne pouvait être que toi, ce petit être particulier qui viendrait bouleverser nos existences.

En t’observant aujourd’hui, 9 mois après, je peine à reconnaitre le tout petit bébé frêle aux jambes de sauterelle que je tenais au creux de mon épaule. Tu découvres maintenant le monde en rampant. Tu mets tous les grand mères de la ville dans ta poche avec ton sourire magique rendu encore plus ensorcelant grâce à deux petits dents. Je fonds d’amour devant les petites bouclettes qui grandissent derrière tes oreilles. Tu deviens un vrai petit clown qui commence à réaliser l’effet que provoque ses pitreries sur ses parents . Tu secoues la tête pour dire non.  Et moi  qui te regarde faire des progrès chaque jour, je mesure l’immense chance que j’ai eu de revivre une nouvelle fois toute cette aventure: les neufs mois dedans et les neufs premiers mois dehors, si précieux et uniques parce que c’étaient les tiens, les nôtres.

Joyeux 9 mois à toi ma fille, ma fée adorée.

Ta maman

PS et vous chers lecteurs quels souvenirs gardez vous de ces 9 mois dedans/dehors?

Une réflexion sur « 9 mois dedans /9 mois dehors »

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